L’épicondylite latérale fissuraire est une forme avancée de tendinopathie du coude, dans laquelle les tendons extenseurs présentent de véritables micro-déchirures. La douleur reste localisée sur la face externe du coude, mais le tendon fissuré change la donne. C’est une atteinte structurelle, visible à l’imagerie, qui mérite un avis spécialisé. Voici ce qu’il faut comprendre de cette pathologie de déchirure du tendon du coude.
Qu’est-ce qu’une épicondylite latérale de forme fissuraire ?
L’épicondylite latérale, familièrement appelée « tennis elbow », est une atteinte des tendons extenseurs de l’avant-bras. Ces derniers s’insèrent sur la face externe du coude, au niveau de l’épicondyle latéral. Le tendon le plus souvent touché est le court extenseur radial du carpe. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une atteinte dégénérative liée à la surcharge sur les tendons, et non d’une inflammation au sens strict.
La forme dite « fissuraire » correspond à un stade plus avancé. Au lieu d’une simple tendinopathie, le tendon présente alors de véritables fissures ou déchirures partielles. En effet, l’imagerie médicale montre une rupture incomplète de certaines fibres tendineuses. Cette atteinte structurelle peut expliquer des douleurs plus intenses, plus durables, et une pathologie qui résiste davantage aux traitements du tennis elbow habituels.
Comment en arrive-t-on là ? Le plus souvent par des micro-traumatismes répétés. Les gestes à éviter sur une épicondylite sont surtout l’extension répétée du poignet contre résistance associée à la supination de l’avant-bras, c’est-à-dire la rotation qui amène la paume vers le haut. On les retrouve dans les sports de raquette, bien sûr, mais aussi dans de nombreuses activités professionnelles manuelles ou lors du travail prolongé sur ordinateur. Et contrairement à une idée répandue, le tennis elbow ne concerne pas que les joueurs de tennis.
Comment poser un diagnostic d’une déchirure du tendon ?
Le signe d’alerte principal, c’est une douleur de la face externe du coude, au niveau de l’épicondyle latéral. Cette douleur irradie parfois dans l’avant-bras, jusqu’au poignet. D’abord intermittente et déclenchée par l’effort ou la préhension d’objets, elle tend à devenir persistante au repos si la pathologie n’est pas prise en charge. Une diminution de la force de serrage est fréquemment rapportée : les objets semblent peser sur l’avant-bras.
On parle d’épicondylite chronique lorsque ces symptômes persistent au-delà de plusieurs mois. Une douleur externe du coude qui résiste à un traitement bien conduit justifie alors une réévaluation spécialisée, en particulier pour rechercher une lésion structurelle du tendon. La douleur en soi n’est toutefois pas suffisante pour conclure, car tendinopathie et arthrose du coude peuvent avoir des signes similaires.
Le diagnostic est avant tout clinique s’il est posé par un spécialiste du coude. Le praticien s’appuie sur l’interrogatoire et l’examen physique, avec la palpation de l’épicondyle latéral et les tests de mise en tension des extenseurs. Mais pour identifier formellement une épicondylite fissuraire, l’imagerie prend tout son sens. L’échographie ou l’IRM du coude permettent de visualiser le liquide ou l’infiltration au sein du tendon, de confirmer le caractère fissuraire de la tendinopathie et de diagnostiquer d’autres causes de douleur externe qui peuvent être associées, et d’écarter d’autres causes de douleur externe, comme l’arthrose du coude. Si vous avez un compte rendu d’imagerie qui mentionne une fissure, un avis auprès d’un spécialiste du coude s’impose.
Comment soigner une fissure du tendon au coude ?
Le traitement d’un tennis elbow est non chirurgical, dans la grande majorité des cas. La chirurgie n’arrive qu’en dernier recours, après l’échec d’une prise en charge médicale bien menée. Voilà le principe qui guide toute la stratégie.
Traitement conservateur naturel d’une épicondylite latérale fissulaire
Le traitement en première intention de l’épicondylite latérale est toujours conservateur. Il impose la mise au repos relatif du coude, en évitant absolument les gestes déclencheurs. Le patient doit proscrie la supination et l’extension du poignet contre résistance. Le traitement associe ensuite plusieurs leviers :
- le port d’une orthèse ou d’une attelle nocturne, pour ménager les tendons épicondyliens .
- des antalgiques pour gérer la douleur.
- des séances de kinésithérapie centrées sur l’assouplissement musculaire et le renforcement des extenseurs, en particulier en travail excentrique.
- la thérapie par ondes de choc radiales, qui peut être prescrite pour stimuler la cicatrisation.
Dans cette liste, la kinésithérapie du coude reste la pièce maîtresse. Les exercices doivent toutefois être encadrés par votre kinésithérapeute et adaptés à votre stade lésionnel, sous peine d’aggraver la déchirure. Une immobilisation totale du bras, elle, n’est pas recommandée. Les muscles ont en effet besoin d’être stimulés.
Reste la question des infiltrations. L’infiltration de corticoïdes expose à un risque de décoloration de la peau et de fragilisation du ligament sous-jacent, avec un risque faible mais réel de lésion ligamentaire. Son efficacité reste par ailleurs temporaire, parfois limitée à quelques semaines. C’est pourquoi les praticiens s’orientent de plus en plus vers les injections de plasma riche en plaquettes (PRP). Réalisée sous contrôle échographique, cette injection dans le coude utilise les facteurs de croissance contenus dans le sang du patient pour stimuler la cicatrisation du tendon. Elle n’entraîne pas de décoloration ni de fragilisation ligamentaire, mais elle est plus douloureuse et expose à un pic de douleur pouvant durer 15 jours après l’injection. Son efficacité dans le traitement de l’épicondylite n’a toutefois pas été démontrée scientifiquement à ce jour.
Quand l’opération de l’épicondyle latéral devient nécessaire ?
La chirurgie n’est envisagée qu’en cas d’échec d’un traitement médical bien conduit sur plusieurs mois, ou lorsque les douleurs chroniques deviennent trop invalidantes au quotidien. Savoir quand opérer une épicondylite type tennis elbow se décide après avoir épuisé les options conservatrices.
L’opération vise à nettoyer la zone, à exciser les tissus dégénératifs (un geste qu’on appelle le débridement) et, selon les cas, à réparer la lésion tendineuse. La technique peut être réalisée à ciel ouvert ou sous arthroscopie, en fonction du bilan lésionnel. Si vos douleurs persistent malgré une prise en charge complète, prenez rendez-vous avec le Dr Pierre Laumonerie, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la chirurgie du coude, pour faire le point sur votre situation.
Foire aux questions sur l’épicondylite latérale fissuraire
Combien de temps faut-il pour guérir d’une épicondylite fissuraire ?
Le délai est variable et dépend de la sévérité de l’atteinte tendineuse comme du traitement suivi. La cicatrisation structurelle d’un tendon fissuré prend du temps, plus que pour une simple tendinose. Cette durée doit être précisée au cas par cas par votre chirurgien.
Est-ce que je peux faire mes exercices de rééducation tout seul ?
Les exercices de renforcement des extenseurs du poignet, surtout en excentrique, sont au cœur de la rééducation. Mais ils doivent être encadrés par un kinésithérapeute et votre chirurgien et adaptés à votre stade lésionnel, pour ne pas aggraver une déchirure. Un avis médical préalable est recommandé.
Faut-il arrêter le sport ou le travail avec un tennis elbow fissuraire ?
Arrêtez temporairement les mouvements déclencheurs reste impératif pour laisser le tendon cicatriser. Une adaptation du poste de travail ou une pause dans les sports de raquette et de lancer est prescrite. En revanche, immobiliser tout le bras n’a pas d’intérêt. En effet, les muscles du membre supérieur doivent rester sollicités.

