Même pour le meilleur chirurgien orthopédique à Paris ou ailleurs, l’opération du tennis elbow n’est jamais le premier réflexe. En effet, cette épicondylite latérale du coude guérit généralement sans bistouri grâce à un traitement médical bien mené. La chirurgie ne se discute qu’en seconde intention, lorsque les douleurs persistent et restent invalidantes malgré plusieurs mois de prise en charge conservatrice. Quand décider d’une opération du tennis elbow exige donc une prise en charge minutieuse. Quels sont les critères de choix ?
Pourquoi le choix d’opération du tennis elbow se fait souvent en seconde intention ?
Le tennis elbow ou épicondylite latérale se définit comme une tendinopathie dégénérative des tendons extenseurs de l’avant-bras, à leur insertion sur l’épicondyle latéral de l’humérus. C’est surtout le court extenseur radial du carpe qui souffre. On parle plus de tendinose ou de tendinopathie dégénérative que de tendinite, qui traduirait un simple processus inflammatoire. En effet, le tendon sur l’épicondyle latéral se dégrade sous l’effet de microtraumatismes répétés. La douleur siège sur la face externe du coude. Elle irradie souvent vers l’avant-bras, et se réveille aux gestes de préhension ou d’extension du poignet.
Cette pathologie dite « tennis elbow » touche surtout les adultes actifs, entre 35 et 55 ans. Elle concerne 1 à 3 % de la population générale. Les gestes répétitifs de serrage, de torsion ou d’extension du poignet la favorisent. On la retrouve chez les sportifs (sports de raquette (tennis et padel), escalade, sports de lancer) comme dans beaucoup de métiers manuels ou de bureau.
Comprendre ce mécanisme, c’est comprendre pourquoi la chirurgie ne se fait pas en première intention. Le traitement médical de cette enthésopathie repose sur des mesures simples : repos relatif avec adaptation des gestes déclencheurs, antalgiques, éventuellement anti-inflammatoires, attelle de poignet, et rééducation. En effet, la kinésithérapie du coude occupe une place centrale. Elle inclut des étirements, un renforcement excentrique progressif des extenseurs du poignet et une rééducation du geste. On y associe une orthèse de contention du poignet à porter la nuit pour mettre au repos les tendons épicondyliens. Chaque patient doit respecter les
Généralement, l’épicondylite latérale se résout sans chirurgie. Correctement conduit, le traitement conservateur suffit dans plus de 80 % des cas, l’amélioration s’obtenant en quelques semaines. Certains patients nécessitent un traitement du tennis elbow prolongé de 3 mois. Décider immédiatement du choix d’une opération tennis elbow ne correspond donc pas aux recommandations scientifiques actuelles.
Tennis elbow : critères justifiant la chirurgie du coude
Le moment du choix d’opération du tennis elbow se reconnaît à un faisceau de critères simples. On envisage un traitement chirurgical du tennis elbow uniquement après l’échec d’un traitement médical et rééducatif bien conduit, en pratique après 3 à 4 mois. Concrètement, il faut que les douleurs restent persistantes et invalidantes malgré un traitement correctement suivi.
La décision se prend au cas par cas, avec votre chirurgien, une fois le diagnostic confirmé et le retentissement fonctionnel évalué. C’est une chirurgie de dernier recours, jamais une option de première ligne. Recourir trop vite au bistouri, c’est risquer d’opérer une tendinopathie qui aurait guéri seule ou avec un traitement adapté. C’est pourquoi le parcours de soin doit être complet et minutieux.
Techniquement, l‘intervention vise à retirer le tissu tendineux dégénéré à l’insertion épicondylienne. Lors de l’intervention le tendon est libéré, et sa cicatrisation permettra l’arret des douleurs. En soulageant les contraintes mécaniques sur le tendon, le chirurgien restaure une fonction tendineuse indolore. Deux voies sont possibles : la chirurgie à ciel ouvert, dans une technique mini-ouverte. Le docteur LAUMONERIE recommande L’arthroscopie du coude car cette technique reste la solution la moins invasive. De plus l’arthroscopie de coude permet de traiter les lésions associées telles que les corps étrangers, les inflammations de la capsule, les bursites, les raideurs et les instabilités (reconstruction ligamentaire – ligamentoplastie).
En effet, l’arthroscopie est une technique mini-invasive bien adaptée à cette opération de l’épicondylite du coude. Comparée à la voie ouverte classique, elle réduit la morbidité opératoire, limite les douleurs après l’intervention et favorise une récupération plus rapide. Les cicatrices sont à peine visibles. Ces interventions se font en chirurgie ambulatoire : le patient rentre chez lui le jour-même.
Après l’opération pour tennis elbow : ce n’est pas fini !
Contrairement à une idée reçue, le meilleur chirurgien du coude ne peut pas tout sur un tennis elbow. En effet, la rééducation fait partie intégrante du résultat final. Elle conditionne autant le succès que le geste chirurgical lui-même. Son objectif est clair : faire disparaitre la douleur au coude lors de la mobilisation du poignet, retrouver la mobilité du coude, restaurer progressivement la force de préhension et permettre la reprise des activités.
Le Dr Pierre Laumonerie applique le concept « Fix it, move it », c’est-à-dire réparer solidement puis mobiliser sans délai. En effet, les protocoles modernes privilégient cette mobilisation précoce, avec une kinésithérapie qui intègre étirements et exercices de renforcement excentrique. Dans plus de 80 % des cas, la douleur disparaît dans les 6 semaines et la fonction redevient complète en 3 mois. On note un taux de récidive faible, de 5 % après chirurgie.
Sur le terrain, chaque chirurgien du coude adapte ce calendrier à chaque situation. La reprise du travail est en pratique envisageable après 3 semaines pour une activité légère, et 3 à 4 mois pour une activité physique intense. Il n’y a pas de réponse unique, la prise en charge se fait sur-mesure.
Foire aux questions sur l’opération pour tennis elbow
Dois-je vraiment passer par la case opération si mon tennis elbow ne part pas ?
Pas forcément. Une opération ne se discute qu’après l’échec d’un traitement non chirurgical bien conduit (rééducation, repos relatif, gestion de la douleur). Le patient doit notamment se plaindre de douleurs au coude persistantes et invalidantes. La décision se prend au cas par cas, avec un chirurgien du coude reconnu et expérimenté.
Vais-je rentrer chez moi le jour même de l’intervention ?
Oui, le plus souvent. La chirurgie de l’épicondylite latérale se réalise en général en ambulatoire, avec un retour à domicile le jour même. Le recours aux techniques mini-invasives comme l’arthroscopie facilite cette pratique. Toutefois, les modalités exactes sont définies avec chaque patient lors de la consultation.
Quels sont les risques de complication après une chirurgie de la tendinite du coude ?
Ils restent rares. Comme toute chirurgie du coude, l’intervention comporte un risque de raideur du coude ou d’infection. Le recours à l’arthroscopie réduit toutefois nettement la morbidité opératoire et le risque infectieux, par rapport à une chirurgie classique à ciel ouvert.
Quel est l’intérêt des infiltrations de PRP ou les infiltrations de corticoïde dans le traitement des épicondylites ?
Leur intérêt est faible. L’injection de corticoïde permet de réduire temporairement les douleurs et peut être utile en cas de compétition sportive à venir. Mais son effet ne dure pas dans le temps. Concernant le PRP, son intérêt dans les épicondylites n’est pas démontré. Il y a souvent un rebond douloureux 2 semaines après l’injection de PRP. En l’absence de preuve scientifique dans le traitement des épicondylites, Le Dr LAUMONERIE ne recommande par les injections de PRP.


