Les fractures diaphysaires et distales extra-articulaires de l’humérus touchent cet os du bras sans atteindre directement l’articulation du coude. Elles peuvent néanmoins en compromettre la fonction. Ces lésions surviennent à la suite d’un traumatisme, comme une chute sur le bras tendu ou un choc, et sont favorisées par l’ostéoporose ou certains antécédents chirurgicaux. Leur prise en charge est préférentiellement chirurgicale et la consolidation osseuse après chirurgie d’une fracture de l’humérus prend quelques mois.
Fractures diaphysaires et distales extra-articulaires de l’humérus : définition et causes
L’humérus s’articule avec l’omoplate et avec le radius et l’ulna (qui forment l’avant-bras) au niveau du coude, il s’agit d’une articulation complexe. La diaphyse est la partie médiane de l’os, tubulaire et allongée, et la portion distale pré-articulaire est celle située immédiatement au-dessus de la palette humérale.
Ainsi, les fractures diaphysaires sont celles qui touchent la partie centrale de l’humérus et les fractures distales extra-articulaires sont localisées plus bas. Même si elles ne touchent pas l’articulation, ces fractures peuvent pourtant en compromettre la fonction, soit parce que l’alignement des os est anormal, soit en comprimant des structures environnantes.
Les origines des fractures diaphysaires ou distales extra-articulaires de l’humérus sont diverses. Le traumatisme a souvent lieu lors d’une chute sur le bras tendu qui induit une compression axiale du coude, ou après un choc. Chez les patients jeunes, il s’agit souvent d’accidents de moto ou bien de chutes d’une hauteur élevée. Chez les seniors, une chute de la position debout au sol peut suffire, en particulier en cas d’ostéoporose.
D’autre part, il existe des facteurs favorisants à ce traumatisme. Ils incluent les antécédents de chirurgie du coude, les ostéosynthèses anciennes, la pose d’une prothèse, l’usure du cartilage (arthrose) ou encore l’inflammation persistante de la membrane synoviale, comme dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde.
Temps de consolidation après chirurgie
Parce qu’il donne des résultats fonctionnels peu satisfaisants, le traitement conservateur est rare, réservé à des cas très précis. Cela concerne les patients très âgés et/ou peu actifs, ceux atteints de comorbidités chroniques marquées (cardiaques ou pulmonaires). Par ailleurs, cette prise en charge par port d’un plâtre ou d’une orthèse ne doit être envisagée que si la fracture est stable et non déplacée. Nous proposons une rééducation précoce avec La mobilisation du coude en kinésithérapie dès le lendemain de la chirurgie. Toutefois le risque de raideur articulaire est quoi qu’il en soit important. Certaines équipes préfèrent une immobilisation de 3 à 4 semaines.
Ainsi, le traitement des fractures diaphysaires et distales extra-articulaires de l’humérus est majoritairement chirurgical. Comme toutes les chirurgies des pathologies traumatiques du coude, c’est une intervention de haute technicité qui doit être réalisée par un chirurgien spécialiste du coude. Elle peut prendre différentes formes en termes de voies d’abord et c’est ensuite une ostéosynthèse qui est réalisée, par pose de clous ou de plaques « anatomiques » qui épousent parfaitement la forme naturelle de l’humérus du patient.
L’objectif est de restaurer l’alignement osseux et d’assurer une fixation stable, solide et fiable, ce qui autorise une mobilisation immédiate (l’immobilisation post-opératoire doit être évitée au maximum) et optimise donc la récupération fonctionnelle en minimisant les risques de raideur articulaire. Pour cela, la rééducation débute dès le lendemain de l’intervention et est une phase essentielle du parcours du patient. En moyenne, une récupération complète des mobilités est observée entre 2 et 6 semaines et la consolidation osseuse après chirurgie d’une fracture de l’humérus est généralement terminée après 3 à 6 mois.
